Lost in Sorata

Soléné Polvo et Clémenté Pédro De Villaverde pour une interview exclusive dans le trou du cul de la Bolivie 

 

Soléné Polvo : Clémenté Pédro De Villaverde, merci de nous accorder l’interview d’un homme qui a quitté le monde du marketing digital pour retrouver la paix intérieure au coeur des Andes, à Sorata (ndlr. en Bolivie). Pour commencer, racontez-nous un petit peu ce qui vous est passé par la tête ?

Clémenté Pédro De Villaverde : A la orden señorita Polvo, bienvenue dans mon humble pueblito de Sorata. C’est un honneur de recevoir une barista de votre calibre ici, nous ne disposons malheureusement d’aucune machine à café au village, je vous offrirais bien une Paceña, notre bière nationale produite à 2h d’ici, à La Paz, mais vous me confiez en off que vous traversiez une période compliquée au niveau du transit, laissez-moi donc vous préparer un maté de coca qui vous fera le plus grand bien. Pour en venir à votre question, c’est bien simple, je suis arrivé à Sorata par accident. Je me suis endormi dans le minibus et lorsque la route qui mène ici a cessé d’être bétonnée, ma tête a cogné le plafond. J’ai ouvert un oeil et demandé à la mamie bolivienne assise à côté de moi où nous allions, elle m’a souri sans rien dire et 10 minutes plus tard j’étais ici-même, sur la place du village, avec ses grands palmiers et son petit chapiteau. Charmant n’est-ce pas ? 

 

SP : Oui c’est très charmant, ce qu’on ressent surtout c’est le dépaysement, vous cherchiez à fuir quelque chose en venant ici ? Vous cacher ? Ou tout simplement vous reconnecter à la nature dans le plus joli village des Andes boliviennes, après vous être déconnecté de Bigbrother ?

CPDV : Mmmmmh voila une question quelque peu intime. Muy bien Señorita Polvo, nous ne sommes pas ici pour tourner autour du pot, j’apprécie votre spontanéité et votre audace alors je vais vous répondre. Pour faire court, je dirais qu’il faut goûter à tout, pour savoir ce qu’on désire vraiment. Ma venue ici s’inscrit dans une démarche d’ouverture et de découverte. Si un jour je suis en cavale, Sorata pourrait faire une excellente planque – mais Dieu soit loué, nous n’en sommes pas là. Cette pause au coeur des Andes permet d’appréhender une autre réalité. Ici pas de likes, de retweet, de statuts, d’actu, de buzz, de followers… On pourrait donc croire qu’il ne se passe rien, et ce ne serait pas tout à faux. Sorata vit dans une absence de rythme. Il y a tout de même un petit marché chaque matin, quelques commerces, une école, 2-3 hôtels & restaurants, créant quelques interactions sociales. C’est le pas lent qu’on se déplace. Rien ne presse à Sorata. C’est un mode de vie très différent du mien Señorita Polvo, néanmoins je l’embrasse avec plaisir le temps de mon séjour ici. Et si par malheur le stress venait toquer à ma porte à mon retour, il me suffira alors de penser au pas de tortue des habitants de Sorata pour le chasser. 

 

 

SP : Ça à l’air merveilleux cette manière de vivre… Je vous jalouse un peu je dois l’admettre. Seulement quelques heures que je suis ici, je n’ai toujours pas pu me connecter au wifi de mon modeste hôtel et c’est déjà un peu la panique pour moi. Le personnel m’a dit qu’il allait régler ce soucis technique mais je pense qu’il n’y a pas de wifi du tout, ils tentent de me duper. Mais passons. La vie ne se résume pas aux stories et aux likes comme vous le dites si bien. La nature est si belle ici, les montagnes qui bordent Sorata me font penser aux terrasses que l’on peut trouver dans certains coins d’Asie (suis-je déjà allée en Asie? CQFD). Une petite balade à me conseiller pour mieux explorer les alentours?

CPDV : J’admire votre perspicacité Señorita Polvo, ici le Wifi est une chimère, certains hôtels émettent un signal mais impossible de charger la moindre page. Oublions le wifi un instant si vous le voulez bien, et tournons-nous vers les montagnes qui nous entourent. Puisque nous n’avons que 24h à passer à Sorata, je vous propose de me suivre pour une balade enchanteresse qui nous mènera à la Gruta San Pedro. Le décor est vertigineux tout du long, et pour finir nous ferons du bateau sur la lagune qui s’est formée à l’intérieur de la grotte, pour écouter et tenter d’apercevoir les chauves-souris qui batifolent. 

SP : Ouloulou, ça a l’air très exotique ça comme balade. Nos lecteurs ont hâte de découvrir cette grotte et moi aussi. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer dans les coins sombres des Andes. 

 

 

C’est ainsi que nous quittons Mademoiselle Polvo et Monsieur De Villaverde pour les laisser s’adonner à une belle et longue marche. On les aurait vu rentrer en catimini dans la même chambre d’hôtel à la nuit tombée, mais chut c’est un secret.

 

Un commentaire

  1. Un français lost in Bolivie
    15 juillet 2018
    Reply

    Amazing cette interview! Toujours en Bolivie ce français, on pense aller à Sorata bientôt pour élever des lamas, bons plans du coup?

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