Comment tu Lima-gines?

Welcome to LIMA. Bienvenido a la capital del Perù, là où les roux vivent en paix (de plus en plus nulles les blagues sur ce blog). En chemin, on a pu constater que toute la côte pacifique du Pérou est en fait une immense zone désertique. En cette saison, le ciel est uniformément gris, et l’absence de soleil rend le sable triste. On se croirait dans un western futuriste : le vent souffle sur les plaines, de la côte péruvienne, je jette un dernier regard sur Solène *musique de ce maricon d’Enio* dégaine le colt et tire en l’air pour briser le silence. Des heures de bus = des heures de rêveries. Et aussi des tas de films américains débiles. De Niro est vraiment parti en couille en fin de carrière. 

On arrive donc dans ville grise sous ciel gris. On retrouve de grands immeubles, des quartiers résidentiels, un trafic d’enfer, et toute la tristitude du monde moderne. Ayant pas mal bourlingué la semaine d’avant, on décide de prendre 4 nuits dans un AirBnb flambant neuf. Un bâtiment dernier cri, avec piscine mais sans âme. 

Pour se remettre du voyage on démarre par un petit resto du tieks qui sert un triptyque de spécialités péruviennes : ceviche, riz aux fruits de mer et fines lamelles de poulet frit – #pépite. La cuisine péruvienne est la plus sophistiquée du continent et Lima recense certains des meilleurs resto au monde. Enfin un peu de raffinement dans l’assiette, et des saveurs subtiles aux accents asiatiques avec utilisation massive du citron et de la coriandre – miams. Comme c’est délicieux, on mange trop, et une balade digestive s’impose. On va voir du côté de la côte, où c’est pas l’homme qui prend la mer mais la mer qui prend le surfeur.

Pour notre premier jour on va faire les gros touristes : direction le centre historique. Lima c’est immense. heureusement que les transports en commun ont l’air performants. On prend le bus magique et 30 minutes plus tard nous voila aux abords du centre. Les centres historiques de la plupart des grandes villes SudAm datent de l’époque coloniale. Même architecture, même couleurs, ils se ressemblent tous, mais il faut bien avouer que celui de Lima vaut le coup d’oeil. A l’inverse, le Mercado Central ne fait pas le poids par rapport à ceux de Cusco ou Arequipa. On trouve quand même de quoi se sustenter, avec un plat à base d’abats non-identifiés. 

 

En sortant du centre on tombe sur de petites chèvres, l’occasion pour Solène de tomber amoureuse d’une petite Lola. Elle nous a vraiment rendu… CHEVRE.

 

 

Après l’histoire vient la culture. Pour notre second jour, on décide d’aller faire un tour au MALI. Inutile de changer de continent puisque l’on parle bien du Museo de Arte de Lima. L’occasion de nous replonger dans les civilisations andines que l’on commence à bien connaitre après les musées de Santiago, La Paz ou Cusco. Il reste un paquet d’objets, de sculptures, de bijoux, d’outils, de vaisselle, de cette époque pré-coloniale. Le musée expose aussi des peintures plus récentes, datant de l’époque ou culture andine et Royaume d’Espagne se mélangèrent douloureusement (mariage forcé oblige), avec notamment des portraits du grand libérateur, l’homme qui s’est dressé contre l’Empire : Simon Bolivar. Pour finir, petit clin d’oeil au Royaume, l’expo temporaire était dédiée à Miró : aussi beau qu’abstrait, dur à expliquer, si tu kiffes pas tu regardes pas et puis c’est tout. 

 

Pour notre dernier jour on fait le tour des quartiers nouveaux-riches. Il fait toujours gris, on a l’impression qu’une chape de plomb est posée au-dessus de la ville. A ce qu’on dit c’est normal en cette saison – saloperie de cLimat. Dans ces quartiers chics et neufs, on retrouve des centres commerciaux avec toutes les enseignes habituelles, du Starbucks au H&M. Bref, inutile d’aller à l’autre bout du monde pour ça, mais quand on est à l’autre bout du monde depuis un certain temps, un environnement familier peut s’avérer réconfortant. On flâne, on s’balade, on fait des petites courses, et on va surtout à la poste pour envoyer un énorme colis : toute notre quincaillerie de La Paz + nos grosses vestes indispensables en Patagonie et désormais inutiles. On fourre tout ça dans un gros carton, la dame de la poste colle des autocollants de partout, on se dit qu’on reverra jamais toute cette shit, et on s’arrache plus léger de 6kg. 

 

Spoiler : ce colis arrivera 2 semaines plus tard en France et en parfait état, soit plus rapidement que 95% de nos cartes postales. Dans quel monde vit-on ? 

 

Bisous gris 

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