Le Machu Picchu : Inca d’école

Nous y voilà. Dans un voyage il y a toujours des escales plus attendues que d’autres. Qu’on s’y intéresse ou pas, on finit toujours par zapper sur un documentaire Arte, le dimanche ou tard le soir, qui nous emmène sur la grande muraille de Chine, à la recherche des sarcophages des pyramides de Gizeh, ou sur les traces des Inca au Machu Picchu. Parfois je mate, souvent je zappe, mais ce coup-ci Arte c’est nous, alors en voiture Simone !!!

3 semaines en Bolivie et quelques jours au Pérou nous ont appris à mieux connaître les habitants des Andes, les Quechua, descendants des Inca. Un peuple habitué à vivre en altitude dans des conditions difficiles, un peuple un peu renfrogné, bourru, presque morose. Evidemment c’est une simple impression, si ça se trouve c’est juste nos gueules de conquistadors qui ne leur reviennent pas, et peut-être qu’entre eux ils se fendent la poire et discutent des heures durant des meilleures techniques pour tondre un lama.

Inca signifie « celui qui dirige » en Quechua. Les Inca étaient donc les rois, les monarques, les empereurs… ceux qui dirigeaient le peuple Quechua. Des tyrans comme les autres qui ont décidé de se faire construire une petite résidence secondaire loin de la populace. Un lieu accessible uniquement à la noblesse et aux membres du clergé local, un club privé, lieu de culte et de célébration, de retraite, de repos, une espèce de fort de Brégançon Inca : le Machu Picchu.

Voila pour la petite histoire, maintenant reste encore à se rendre sur place. Pour ce faire, 2 options : la version deluxe avec un train direct au départ de Cuzco et une nuitée dans l’hôtel construit à 20 mètres de l’entrée de la cité sacrée, ou bien la version Pékin Express avec 5h de camionnette sur des routes caillouteuses à flanc de collines, 2h de marche dans la jungle le long des rails, une nuit dans un hostel à Agua Calientes, un réveil à 4h30 puis 1h30 de grimpette pour arriver en sueur à l’entrée à 6h pétante, juste à temps pour voir le soleil se lever sur le joyau. 

 

 

On repassera d’ici 40 ans pour la version deluxe, quand on sera R&R (Riches & Retraités), pour l’instant il est 6h du mat et on est trempés, cernés par une épaisse brume au moment d’entrer à la queue-leu-leu sur le site. On sent que tout le monde a la même phrase en tête : MAIS BORDEL !! on a pas fait tout ça pour le voir dans la brume quand même ? Patience mes agneaux, patience. 

En attendant le lever du soleil, le guide nous réexplique les même histoires que les guides des jours précédents, dans un anglais approximatif, bref on a beau s’armer de patience, on est sur les nerfs. On sent que tout le monde a la même phrase en tête : sympa ton histoire mais on pige que dalle, c’est quoi ce temps de merde ?? il se lève quand le soleil ?? 

Alors que notre aigreur se cristallise dangereusement sur ce pauvre guide, le soleil se lève et ses rayons mitraillent instantanément la brume qui s’évapore en 10 minutes top chrono. Le voile est levé. On sent que tout le monde a le même mot en tête : Wouh putaing. 

 

 

Le Machu Picchu c’est beaucoup de questions sans réponses (quand et pourquoi les Inca ont-ils déserté les lieux ?) et même si la visite n’apporte aucun élément de réponse, elle permet à chacun de se faire son propre film. Les ruines sont parfaitement conservées dans un décor magistral à 2430m d’altitude au coeur des Andes recouvertes de jungle. On ose imaginer que ceux qui y vécurent, y coulèrent des jours heureux. So high that I can kiss the skyyyyyyyyyy

Avec près d’un million de visiteurs par an, on ne va pas se mentir, on est pas tous seuls, mais le site est assez vaste et on y trouve même quelques points de vue tranquilles. Une petite heure de contemplation au soleil plus tard, c’est déjà l’heure de redescendre pour retrouver le commun des mortels, ivres d’avoir été Inca le temps d’une matinée !

 

Bisous célestes 

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